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« Plus que tout autre chose, l'ouverture de Don Juan lie ce qui m'est échu d'existence à un défi qui m'ouvre au ravisse, ment hors de soi. A cet instant même je regarde cet être acéphale, l'intrus que deux obsessions également emportées composent, devenir le Tombeau de Don Juan. »
A l'inverse de Georges Bataille, et même si Don Juan comme nous le retrouvons encore plus loin, les réunit, il n'est pas étonnant que Ferenczi, dans sa recherche quasi systématique de la valeur symbolique dés objets, n'ait pas brodé sur le thème des tombeaux : ceux-ci n'ont en fait rien d'universel et leur sens, si complexe soit-il, ne concerne chacun que très individuellement. Les tombes se suffisent à elles-mêmes, elles sont de ces lieux rares qui renferment les preuves d'une mort réelle et tout au plus va-t-on les visiter dans une sorte de pèlerinage où le désir, ayant perdu son ambivalence, peut se trouver satisfait : l'autre est bien là, plus encore prisonnier que de son vivant, sous une pierre que rien ne peut mouvoir. Le réel ici est d'une certaine façon retrouvé, dans la mesure où la représentation de choses et la représentation de mots sont intimement liées, sans débordement, et la séparation entre les deux versants du même objet ne peut se faire qu'après un certain temps d'élaboration. Les tombes ont toujours à faire avec le fétiche ou la relique dont elles peuvent être le support ; et seulement à travers elles, peut-on remonter le passé, c'est-à-dire nous replacer à un moment où la chose et son sens n'étaient pas figés définitivement dans l'univocité.
Tel est pour nous le souvenir d'un cimetière juif presque abandonné