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Deux Cahiers du Centre de Psychologie et de Psychothérapie1 sont consacrés à la question, difficile s'il en est, des masochismes, avec un double éclairage théorique et clinique. Si les Cahiers sont introduits par des études cliniques, il est peut-être plus simple pour une brève analyse de s'intéresser d'abord aux grands axes théoriques mis en évidence par le remarquable article de Benno Rosenberg, mais aussi par E. Kestemberg et A. Gibeault pour aborder ensuite les illustrations cliniques.
Le premier fascicule est consacré au masochisme moral. Benno Rosenberg montre comment ce concept a évolué chez Freud dans la mesure où il se trouvait en face de la réaction thérapeutique négative. Le masochisme se différencie de la culpabilité : celle-ci naît de l'action du surmoi, héritier du complexe d'Œdipe, obtenu par l'introjection identificatoire des relations objectales œdipiennes, aboutissant à une désexualisation. Ce surmoi sadise le moi qui recherche une satisfaction libidinale. Le masochisme, lui, est une satisfaction que le moi puise dans la punition en simulant, cette fois, la recherche de la satisfaction libidinale. La conséquence en est que l'apparence de la névrose est conservée et la pratique perverse cachée. Les relations objectales œdipiennes sont resexualisées : la morale née du déclin du complexe d'Œdipe est ramenée à un ressurgissement du complexe d'Œdipe : cette resexualisation permet la réapparition des désirs sexuels passifs, féminins dit Freud. Et même, pour Benno Rosenberg, ce qui est recherché n'est pas l'autopunition par le surmoi : ce n'est là encore qu'une feinte de la désexualisation, le sujet cherchant une punition venant du père œdipien.
Le masochisme intervient quand la faille névrotique ne permet pas au sujet de supporter sa culpabilité ; le seul moyen alors est de l'érotiser, de la transformer en source de satisfaction masochique : le masochisme devient alors le gardien de la névrose ou de ce qui s'efforce de l'être. Mais si la faille est trop gr