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Souvent, après mes consultations au Centre de Psychanalyse du XIIIe, je vais faire un tour à une librairie que j'ai découverte et que j'aime bien : rue Barrault, la librairie communale de la Butte aux Cailles, édition « Le Tout sur le Tout ». J'y ai découvert des romans de Paul Gadenne, de Rachilde (La tour d'amour, merveilleux !) et de Raymond Guérin. Des oubliés, que ces éditeurs non officiels ont le courage de ré-éditer. C'est pourtant de L'apprenti de R. Guérin, édité, lui, chez Gallimard, que je voudrais parler. L'ayant lu et ayant été bouleversé, j'ai été amené à re-lire les « romans » dont la fraternité me paraît indiscutable avec L'apprenti et qui m'avaient impressionné quand j'avais vingt ans. Je n'ai pas voulu rester sur des souvenirs idéalisés. Bien m'en a pris.
Ce sont des bouquins romantiques, comme le René de Chateaubriand, qui disent la mise en cause du « sujet » dans un univers de déréliction. Hyper-subjectifs — écrits au nom du « je sujets à la fois des énoncés et de l'énonciation, comme on dit, ils marquent cependant la fracture violemment composée entre un discours individuel et la tentative exacerbée, donc vouée à l'échec, de rejoindre non seulement des êtres, des objets, mais le monde. En cela ce sont des romans onanistes, collant au réel mais complètement « irréalisés » par le vœu d'écriture. L'écriture romanesque voudrait consommer l'existence du monde.
La main qui écrit paraît être la même que celle qui écrit un culte établi à Onan par l'écriture.
Je n'ai pas retrouvé le choc de mes vingt ans en relisant Le voyage et La nausée bien que ces livres m'apparaissent toujours comme des repères balistiques, mais ce ne sont plus, pour moi, des phares. Mais L'apprenti, qui fait coller et décoller une vie mythique, d'une vie quotidienne, sans que jamais l'une l'emporte sur l'autre, renouvelle totalement le roman d'apprentissage, le Bildung's Roman, tant dénié de nos jours.
Comme la masturbation, c'est une initiation et rien d'autre.
En dehors des quatre « g