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En préfigurant et en lançant un numéro de la Revue sur le mot d'esprit (le trait d'esprit), nous pensions obtenir de la part de nos collègues de nombreuses réponses positives, voire un afflux d'articles. Il n'en a rien été. Alors que le tohu-bohu — très kitsch — des « bons mots » fait toujours fureur dans la gent psychanalytique et pas que parmi les épigones lacaniens, alors que les interprétations qu'on entend des textes des analysés ne cessent de parfaire et peaufiner des acrobaties de signifiants… il n'y aurait personne pour théoriser — ou émettre des réflexions ou simplement citer des cas cliniques — ce que Freud appelait « les rapports du mot d'esprit avec l'inconscient » !…
C'est quand même une évidence… grave à mon avis, car ce texte de Freud est capital quant à la pensée de la psychanalyse et au statut grammatical et littéraire de l'inconscient. En fait, ce statut morphologique de la langue de l'inconscient demeure totalement à penser, à écrire!… Freud n'est jamais tombé dans la réthorique des surfaces. Jamais ! Sa langue, ou plutôt son tangage, a toujours tenu, des deux mains, si j'ose dire, le sémantisme de la langue et le désir d'une langue comme venue d'ailleurs… C'est pourquoi, devant le mutisme de nos collègues, nous nous sommes tournés vers d'autres collègues, par un biais différent : la tenaillante question de la traduction. Hommage ici soit rendu à l'équipe de A. Bourguignon ! Ils nous ont envoyé des articles, essentiels, pertinents et remarquables. Je me permets de souligner l'extraordinaire intérêt qu'a suscité en moi l'article de Janine Altounian. Mot d'esprit et traduction sont du même ordre : la réthorique profonde du langage (selon l'expression baudelairienne).
Oui, Freud est un écrivain et quelquefois un poète qui tente de donner à la nouvelle science psychanalytique une dimension de parole, de langage, où l'inventivité littéraire est au premier plan.
Voici ce qu'écrit J. Altounian à ce sujet : « Concision à la manière du mot d'esprit (Witz) où