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Cette histoire est à l'image du mouvement psychanalytique français, dont elle est l'étrange reflet. Mais avant d'en retracer les étapes, nous tenons à rendre hommage au remarquable travail bibliographique réalisé par Dufresne (1971).
« Deux ou trois ans avant la guerre, comme je rendais visite au Dr Freud, celui-ci me montra un rayon de sa bibliothèque où s'alignaient ses principales œuvres dans les langues les plus diverses, anglaise, hollandaise, russe, polonaise, hongroise, italienne… Pas une seule traduction française! remarqua-t-il.
« Et il semblait en être d'autant plus étonné qu'il n'a jamais caché l'influence qu'avaient eue sur l'éclosion de ses théories et son stage à la Salpêtrière, chez Charcot, et les premiers travaux de Pierre Janet sur l'automatisme psychologique. Il s'était figuré que l'esprit latin, si souple, serait plus apte à saisir les finesses de la vie mentale et les sous-entendus du subconscient, et lui accorderait, sinon le suffrage, tout au moins l'attention que ses compatriotes lui refusaient de la façon la moins courtoise. »
Ainsi s'exprimait Claparède (1920, p. 849)1 en présentant la « première » « traduction française du célèbre neurologiste viennois » (1920, p. 846). En fait, comme nous le verrons, il ignorait que la véritable première traduction d'un texte freudien remontait à 1913, car elle était passée totalement inaperçue.
Le texte, longuement commenté par lui, paraissait en 1920 et 1921