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Ayant procédé à la traduction d'un texte de Freud jusqu'alors inédit en français, le Vorbericht1 de 1921, ses auteurs W. Granoff et J.-M. Rey se livrent à une longue étude historique, quant à ce texte, et critique d'autres traductions de Freud pour s'interroger in fine : « L'étape où se trouve notre travail aura-t-elle préparé les outils de sa tâche (celle d'une traduction intégrale) ou encore à l'inverse aura-t-elle donné quelque crédit au sentiment qu'en plus d'un point la traduction devrait se démettre au profit du commentaire ? »2.
Une mise en question de cette importance frappant à la fois toutes les traductions existantes et jusqu'à leur possibilité est bien digne d'émouvoir le lecteur français. Lui qui depuis tant de décennies déplore à juste titre l'absence d'une édition complète et chronologique, ne voit-il pas ses habituelles lectures comme annulées ! ?
Avant d'envisager cette grave question, une première mise au point s'impose.
L'histoire singulière du texte objet des soins des deux traducteurs mérite en effet d'être précisée. Ecrit en 1921, il est publié pour la première fois, avec les Ecrits posthumes, dans le XVIIe et dernier volume des Gesammelte Werke, éditées à Londres en 1941.
En préambule de ces « Ecrits posthumes » de Freud, 1892-1938, les éditeurs des Gesammelte Werke, A. Freud, E. Bibring, W. Hoffer, E. Kris et O. Isakower, expliquent la minceur de ce volume par l'habitude de l'auteur de détruire ses travaux préparatoires et ses manuscrits une fois l'impression réalisée.
Ainsi, en tant que tel, ce volume n'est justifié que par les travaux scientifiques de 1938, travaux inachevés, interrompus par la maladie. C'est citer le Abriss der Psychoanalyse, l'essai Some elementary Lessons,