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Jadis les parents des morts vous mettaient dans le bain De bonne grâce ils en f'saient profiter les copains Y a un mort à la maison si le cœur vous en dit Venez l'pleurer avec nous sur le coup de midi Mais les vivants aujourd'hui n'sont plus généreux Quand ils possèdent un mort ils le gardent pour eux C'est la raison pour laquelle depuis quelques années Des tas d'enterrements vous passent sous le nez.
Qui passe pour avoir quelque esprit ressent la malice de son interlocuteur lui demandant l'explication de ses bons mots : ceux-ci perdent leur sel au décorticage ; il est vrai que l'esprit reprend du gonflant dès que cesse l'investigation, au moins dans un certain nombre de cas. Freud a bien souligné cela dans son texte, Le mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient.
Répondre à une telle demande par la dissection, fût-elle psychanalytique, d'une histoire macabre c'est chercher évidemment à rendre malice pour malice. La mort est chose grave ; y trouver matière à rire, dans le genre mieux vaut en rire ou jusqu'où aller trop loin participe souvent du « mauvais goût » dont les histoires macabres partagent la palme avec les histoires obscènes et les histoires scatologiques. Les unes et les autres cultivent quelque rapport avec la censure et le refoulement et tout particulièrement encore avec la transgression ; elles semblent contourner, plus que toute autre forme de comique ou d'esprit, les barrières que la conscience oppose aux pensées latentes et à l'inconscient et c'est pour cela qu'elles « choquent » davantage. Cependant cette transparence est plus brouillée qu'il n'y paraît.