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« Plus je ris, moins je plaisante. »
« Le rire jamais chez lui n'est que douleur plus haute, plus haut battue. »
Quand Rabelais nous dit que « rire est le propre de l'homme » veut-il nous offrir l'humanisme rassurant de la Renaissance des livres scolaires où l'humanité de l'homme se trouverait dans son rire que l'animal ne connaîtrait pas ? Ou veut-il infléchir notre jugement horrifié devant l'ogresse humanité — gargantuesque — qui ne plaisante pas avec le rire et qui ne plaisante pas avec ceux qui, de cette humanité, ne riraient pas ou plus… ce qui veut dire que l'homme quand il rit ne plaisante pas avec le rire, avec son rire, et dévore ceux qui ne rient pas. On peut rire de vous : c'est acceptable, on avale la couleuvre ; mais peut-on accepter que, riant, on ne fasse pas rire ? Certainement, là est le propre de l'homme rabelaisien de l'entre-dévoration par le rire. L'humanité de l'homme est aussi ce qui la consomme, la dépense. L'humanisme classique ou l'anti-humanisme contemporain n'ont pas encore compris cela.
La contamination de l'homme par l'homme est une humanité terrifiante. On meurt aussi de rire… et il n'y a pas de « trace » — ni de criminel non plus.
Quand Pascal, cité d'ailleurs par Freud, dans le « mot d'esprit » (p. 243 de l'édition française) écrit dans ses Pensées : « Deux visages semblables, dont aucun ne fait rire en particulier, font rire ensemble par leur ressemblance », veut-il montrer, dans son jansénisme intégriste de la prédestination, que le vivant ne se répète jamais totalement pareil