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Jacques Bril traite la culture comme elle doit l'être, c'est-à-dire comme l'ensemble des actions de la psyché. Culture entendue au sens large de toutes les manifestations anthropologiques, qu'elles soient verbales, comportementales ou techniques. Les deux livres qu'il nous a successivement proposés : Lilith et Le masque, peuvent se lire comme des étapes d'une même réflexion sur les invariants universaux de l'homo sapiens. Invariants dont il fonde l'existence dans le biologique, position qui peut paraître souvent ambiguë.
Dès Lilith, la démarche pleine de rigueur de J. Bril prend appui sur une volonté méthodologique qui cherche à interpréter toute production humaine, même fondée dans le biologique, comme productrice d'un sens psychique où l'analyste doit retrouver les traces de l'activité de l'inconscient. Le mythe œdipien, certes, est au premier plan de sa recherche, mais sous la forme que nous lui connaissons, il n'est qu'un moment particulier d'une très longue histoire dont seules quelques traces parfois nous sont parvenues. Mais cette partie émergée de l'iceberg en ce qu'elle sert de fondement à la pensée freudienne peut être ici reprise et servir à éclairer et à donner sens à des manifestations autrement dispersées, voire incohérentes et même contradictoires.
En « Lilith » nous voyons s'avancer l'image terrible de la mère primordiale, doublet sombre de la figure d'Eve. Eve et Lilith s'opposent et se complètent, comme le jour et la nuit, le spirituel et le charnel, la mère maternelle et la mère phallique. Au travers des formes multiples que J. Bril recense autant dans les textes talmudiques que sumériens, européens, arabes… se dessine la figure de ce personnage de la nuit et des eaux sombres (Mélusine, la Lorelei…) au vol mystérieux et angoissant (vampires, striges ou lamies…) accompagnant le cauchemar du bruit rythmé du galop des chevaux qui l'entourent. Du cauchemar, par les différents glissements sémantiques auxquels Bril nous convie, nous passons à la mort, à l