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Je vais essayer d'éclairer un peu le texte d'un argument dont la brièveté — son mérite le plus indiscutable, m'a-t-on assuré — ne justifie cependant pas le caractère parfois trop elliptique.
L'écriture de mon « rapport » porte la trace d'un double malaise: celui, persécutoire, de la quérulance institutionnelle, avec ses interminables disputes si propices aux processus d'anti-pensée; celui, dépressif, lié aux deuils plus ou moins ratés, enkystés, que l'absence aujourd'hui d'un certain nombre d'anciens « proches » me rend plus sensibles. Je m'étais donné pour tâche de reprendre les textes de la période 68 pour en restituer les enjeux et en mesurer l'impact et l'actualité. Cette tâche s'est avérée, pour moi, inaccessible, et je me suis répétitivement trouvé confronté à l'exigence et à l'impossibilité de « tourner la page ». Il ne vous sera donc pas difficile de saisir la valeur défensive d'une « remontée » à l'origine centrée sur le couple Freud- Ferenczi: repérage d'un temps historique ayant pris une valeur mythique par ce qu'il condense d'éléments structurels, toujours actuels.
Il est vrai que ce thème de la transmission place celui qui s'y confronte au contact immédiat du hiatus entre ce qu'il croit savoir penser et ce qu'il ne se sait pas croire. Travaillant il y a quelques années sur « la croyance à l'œuvre », je m'étais aperçu, presque par inadvertance, que mon sentiment d'être un « bon freudien » coexistait, dans un véritable clivage, avec la conviction intime, à peine secrète, d'avoir inventé la psychanalyse. Depuis, j'ai dû admettre et tolérer ce paradoxe — qui nous est commun, j'en suis sûr: que si j'étais un bon freudien, c'était parce que j'avais inventé la psychanalyse; et que j'avais inventé la