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« Pour écrire un seul vers, il faut avoirvu beaucoup de villes, il faut avoir dessouvenirs, il faut savoir les oublier. Quand ils sont nombreux… Ce n'est quelorsqu'ils deviennent en vous, sang, regard, geste, lorsqu'ils n'ont plus denoms, et ne se distinguent plus de nous, ce n'est qu'alors, qu'en une heure trèsrare, se lève parfois au milieu d'eux lepremier mot d'un vers. »
Qu'est-ce qui nous fait devenir psychanalyste? Qu'est-ce quinous permet d'y rester? Ces deux questions ont fomenté la réflexionque je vous propose.
Ce travail a pour point de départ deux causes bien lointaines l'unede l'autre. La première, plus immédiate et secondaire, fut la dernièreréunion de notre Société sur l'enseignement où nous avons vu encore, me semble-t-il, s'affronter de façon subtile et sous-jacente deux conceptionsdifférentes de la transmission de la psychanalyse. La secondecause m'apparaît plus importante, parce que j'y suis directementimpliqué. En effet, il y a trois ans, j'ai organisé avec d'autres collèguesun séminaire sur la filiation en psychanalyse. Nous nous sommesattachés à interroger notre rapport à la théorie psychanalytique, donc