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Les diverses conditions — organisatoires, culturelles, économiques, historiques, etc. — auxquelles la formation des analystes est soumisedans un pays ou dans une société psychanalytique sont tellementcompliquées qu'en formulant ce qu'on entend par les bases théoriquesde la formation et de la transmission, on risque de tomber dans desrationalisations. La formation des analystes est surtout une formationde compromis.
Quant à la Société psychanalytique suédoise, ces bases théoriques(ou si l'on préfère dire: idéologiques) les plus fondamentales peuventêtre résumées trés briévement. Ce sont: le respect absolu pour l'intégritépersonnelle de l'analyste en formation; une conception de la psychanalyseselon qu'elle est une science sui generis, non médicale et nonpsychologique, mais plutôt apparentée à ce que les Allemands appellent Geisteswissenschaften; et, finalement, une intention de transmettre notrescience principalement à une nouvelle génération d'analystes-cliniciensstricto sensu plutôt qu'aux praticiens ou théoriciens de l'analyse appliquéeou aux super-psychothérapeutes. Bien entendu, il n'y a pasd'unanimité parmi nous en ce qui concerne ces idées dites « fondamentales » — et surtout pas en ce qui concerne les deux derniéres. Cependant, on pourrait les qualifier d'être plus ou moins « officielles ».
Ce serait inutile de nier que ces idées ne sont pas toujours en harmonieni avec notre milieu social trés collectiviste où dominent lesgrandes organisations et la centralisation dans toutes les sphéres de lavie (y compris l'enseignement supérieur), ni avec les exigences pratiquesde notre Société psychanalytique relativement jeune, en pleinecroissance rapide (par exemple, le nombre des analystes vraimentexpérimentés est trop petit par rapport au nombre des jeunes analystes