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Une recommandation impérieuse parcourt l'oeuvre de Freud et désigne la radicale spécificité de la Psychanalyse à rencontre de l'hypnose et de la suggestion. On la rencontre évidemment dès les Etudes sur l'hystérie, elle est véhémente dans Dora, minutieuse dans les textes dits de Technique; parfaitement explicite en 1923, elle est réaffirmée encore en 1937. Deux phrases la résument (dans Le Moi et le Ĉa) très clairement: « La personne de l'analyste permet-elle au malade de le mettre à la place de son idéal du moi; à cela est liée la tentation pour le médecin de jouer vis-à-vis du malade le rôle d'un prophète, d'un sauveur des âmes, d'un messie. » On se souvient que ce passage est en rapport direct avec ce qui est dit de la réaction thérapeutique négative et du sentiment inconscient de culpabilité: même dans ces cas graves d'échec de l'analyse, « … les règles de l'analyse s'opposent résolument à une telle utilisation de la personnalité du médecin… ». C'est bien là, je pense, une règle fondamentale. La troisième, avant celle dite de la « tranche ».
Elle ne contrarie en rien la première règle fondamentale, au contraire elle en est le garant; elle arrime la libre association du patient en lui assurant l'abstention, si ce n'est l'abstinence de l'analyste. Comment joue-t-elle avec la deuxième règle désignée par Ferenczi, l'analyse de l'éventuel futur analyste? Si l'institution pose seulement cette exigence d'analyse préalable dont elle — l'institution — appréciera après coup et à son gré les effets pour donner, ou non, sa reconnaissance, la troisième règle fondamentale est respectée. En revanche, elle risque fort de ne pas l'être si l'institution mandate des analystes pour transmettre. Comment se trouver, dès lors, en position de missionnaire (de prophète, de messie, de modèle, de guide…, les mots sont de Freud) tout en restant psychanalyste, et réciproquement?