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L'analyse personnelle, étape première et essentielle de la transmission, met le futur analyste en relation avec une personne qu'il a tendance à ériger en modèle. Support des projections transférentielles, l'analyste formateur le plus rigoureux garde cependant une originalité dont certains aspects peuvent être perçus. Les zones aveugles, les noeuds conflictuels les plus serrés sont plus ou moins décalqués sur le patient qui ne manque pas de prendre en référence un certain style; l'établissement du protocole, l'agencement de la pièce viennent meubler les représentations de ce qui « est l'analyse ».
Marqué par son analyste même si celui-ci a renoncé le mieux possible à transformer ses analysants en disciples, le candidat à l'Institut aborde les supervisions. Celles-ci installent un second, puis un troisième personnage de référence drainant vers eux quelques transferts latéraux. Le choc des différences enrichit l'élève et lui permet de découvrir d'autres repères et d'autres sources où puiser des matériaux pour l'oeuvre en construction. Il commence à effectuer des choix tout en connaissant la tentation éclectique d'assembler côte à côte des traits constituant un personnage composite. La période suivante me parait importante qui voit le nouvel analyste « validé » renoncer aux imitations et opérer des remaniements identificatoires. Il parcourt le trajet décrit par M. Torok entre incorporation et introjection; les objets incorporés suscitent et médiatisent la réalisation des virtualités du sujet.1
Les voix de référence intériorisées continuent de se manifester mais s'assourdissent peu à peu pour laisser place à un nouvel analyste dans sa singularité, connaissant sa filiation sans y être réductible. Ce temps, cette latence est à mon avis l'intervalle qui doit séparer la