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« Quand je serai grande, je serai Père Noël », avait décidé, vers ses quatre ans et à mon émerveillement, l'une de mes petites nièces. Ayant grandi, elle n'est pas devenue Père Noël et ni elle, ni moi, n'en prenons quelque étonnement. Mais je m'étonne parfois de n'être pas plus étonné de ce que tant de gens, ayant déclaré sur le divan dans quelque réactivation transférentielle de pareil souhait enfantin: « Quand j'en aurai terminé, je serai psychanalyste », se retrouvent effectivement psychanalystes quelques années plus tard.
Ce problème est évoqué dans le très documenté et fort sérieux rapport de C. Girard mais plus, m'a-t-il semblé, au travers de citations des uns ou des autres que pour alimenter les réflexions de ses propres préoccupations — et il ne laisse paraître ici que peu de perplexité. Celle de J.-L. Donnet, par contre, dans son rapport dense et tellement pertinent, m'apparut si grande sur ce thème que je me suis parfois demandé s'il ne tendait pas à le contourner.
Ce trop ou ce trop peu d'incertitudes pourrait bien se justifier tout pareillement dans le fait que la réalisation du souhait (Wunsch) d'être psychanalyste se pose comme la seule question véritablement psychanalytique sur laquelle on puisse travailler à propos de l'étrange gésine des psychanalystes (que l'on a décidé, dans notre Société et pour le moment, d'endimancher en « transmission de la psychanalyse »). A bien y regarder, toutes les autres difficultés, aussi sophistiquées et réélaborées soient-elles, apparaissent très largement surdéterminées par les contraintes éducatives d'une part, socio-économiques d'autre part; ce qui nous permet de beaucoup moins nous surprendre de ce que cette parturition analytique nous impose tant de soucis et de dilemmes, puisqu'elle rassemble en une seule activité les « trois professions impossibles » selon Freud.