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Etre ou ne pas être… psychanalyste?
C'est bien en effet la singularité de la démarche analytique que de faire surgir cette question pour quiconque s'y est soumis, quel qu'ait été par ailleurs le texte manifeste de sa demande initiale.
Parmi les divers destins sur lesquels s'ouvre la fin d'une analyse, comment se différencie fondamentalement le projet de devenir psychanalyste des divers projets existentiels, professionnels ou sociaux qui bouleversent, poursuivent ou réaménagent l'économie « pulsionnelle » et sociale des « ayant été analysés »?
Reposer vainement cette question, c'est d'abord refuser les réponses radicalement contradictoires du style: il n'est d'analyse réussie (sinon d'analyse tout court) que celle qui « fait » un psychanalysteou à l'inverse: n'est bien analysé que celui qui n'éprouve pas le besoin de devenir psychanalyste. Les choses sont heureusement plus subtiles sinon équivoques.
Le « désir » d'être psychanalyste, tel qu'il surgit à un moment ou à un autre de toute cure, de façon manifeste ou latente, se distingue à la fois du voeu de devenir psychanalyste, tel qu'il a pu être exprimé comme demande initiale et dans la mise en acte qui débouchera sur une pratique.
La première règle fondamentale, ainsi que le rappelle J.-L. Donnet, a pour expérience incontournable de renvoyer tout analysant à la même case de départ: celledu questionnement (de l'inconnu) de tout voeumanifeste, et de sa réduction à venir, de sa mise à plat en ses différentes composantes pulsionnelles et/ou défensives.
La souffrance psychique dont on sait qu'elle doit accompagner toute demande d'analyse pour la rendre recevable, signe le caractère répétitif, rigide jusqu'à en être exaspéré de liens aux objets internes et externes.
Le mouvement de la cure tendra, par la mise en sens du transfert, à dénouer les filsemmêlés des motions pulsionnelles, et corollairement, à desserrer les liens sur les objets dont apparaîtra ainsi la relative contingence.
S'il est bien le lieu de mouvements de dé-lia