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Dans le parler si riche, si subtil, si savant, si complexe et si sensible qu'on a fait sur la transmission de la psychanalyse, on se rend compte une fois de plus qu'est nécessaire une condition préalable pour que quelque chose « passe » de l'un à l'autre d'une façon authentique, c'est-à-dire tout en respectant l'identité la plus profonde et intime de chacun des deux membres du couple moi analyste et moi analysant, moi qui parle et chacun de vous qui m'écoutez ici maintenant.
Cette condition consiste dans le fait que le membre du couple qui est en train de s'exprimer, en ayant réussi à voir clairement en soi-même ce qu'il désire communiquer à l'autre, peut arriver à l'exprimer avec des mots, des gestes, une voix, un langage qui puissent arriver jusqu'à l'autre, le toucher dans une part sensible d'une façon telle que l'autre ressent un certain intérêt pour ce qu'il est en train d'écouter — ou qu'il a écouté, vu, et ressenti à un certain moment pendant lequel un contact a eu lieu entre les deux.
Si les choses sont ainsi, le problème de « transmettre » me semble consécutif à la solution préalable du problème de communiquer. Pour pouvoir « mettre du nouveau » dans l'autre d'une façon créatrice il est nécessaire du moins d'avoir l'espoir que ce qui semble bon et nutritif pour moi lui soit donné d'une façon telle que cela puisse devenir digeste et nutritif pour lui aussi, et pouvoir aussi vérifier, au fur et à mesure de la communication, qu'il n'y ait pas trop de refus, de vomissement, d'entassement, etc.
Le problème qui se pose me semble alors celui de la « langue », vu que nos communications privilégient le langage verbal (en ne négligeant pas la richesse et la complexité de la communication non verbale).
Bon. Je — chacun de nous — s'est formé au cours des années et à travers ses expériencesparticulières sonpropre langage, son idiome, sa « langue », qui est seulement dans une certaine partie la langue que sa mère — que son analyste, que son Institut de formation —lui ont app