You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Vous m'avez donné à voir — me dit une patiente lors d'une séance très riche en métaphores. Cette phrase me fit associer avec un objet fétiche, recherché, désincarné et valorisé. Ces associations n'étaient pas innocentes, car elles correspondaient à des mouvements précédents et à mes propres hypothèses sur cette patiente. Néanmoins, je crus déceler trois axes dans cette expression: donner à voir, donner, voir et le sujet sur lequel s'appuyent les deux verbes.
Le candidat que nous avons tous été, pour entrer dans l'Institution psychanalytique, doit aussi donner de lui-même — les traits de son évolution — et, s'il est accepté, il va voir l'Institution en question.
Comparer les mouvements d'une relation analytique à ceux d'un candidat peut paraître un abus théorique. Mais il me semble que beaucoup des confusions entre modèles analytiques variés suivent le même cheminement.
Continuons, pour l'instant, avec ma patiente. Sansentrer dans les détails sur le processus analytique (qui dénotent déjà l'existence d'une aire transitionnelle entre elle et moi), sa phrase — vous m'avez donné à voir — me permit encore quelques réflexions. Si elle ne peut que voir ce que je lui dis, c'est peut-être parce qu'elle a peur de se dire les mêmes choses, choses qui peuvent venir du « dedans » (représentations). Mon hypothèse quelque temps avant avait été qu'elle avait peur des phantasmes, car les phantasmes peuvent être plus dange-reux que ce qui se voit.
Opérer la déliaison représentation-affect me semble avoir le même but que désunir ou séparer, car l'union peut être ressentie comme une véritable menace. Dans le cas de cette patiente, toute union provoque l'angoisse. Plus tard, nous avionspu discuter de sa jalousie et de sa colère; en un mot, le conflit… le conflit de la différence des sexes.
Pour en revenir à mon hasardeuse comparaison, j'ai associé lors de ce Congrès, et je me suis dit qu'au lieu de parler de la règle fondamentale, j'avais envie de parler de la différence fondamentale.
Quelle