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Mes chers collègues, bien qu'il me soit difficile de prendre la parole sans notes, c'est pourtant ce que j'avais décidé de faire sans attendre le conseil de Jean Favreau, dans la mesure où je pensais qu'après vous avoir fourni un travail écrit dont je m'étais relativement abstrait, non point qu'il puisse prétendre à l'objectivité, et m'être plus personnellement engagé dans la présentation orale, il restait encore cette autre forme de nos échanges habituels, pratiquée dans nos séminaires ou nos groupes de travail, l'exploration par le dialogue; ma réponse donc ne doit pas conclure, mais plutôt maintenir l'ouverture. C'est ainsi mettre l'accent sur deux aspects de la transmission, l'un disons sous le signe de la tradition analytique, et des auteurs qui m'ont précédé, l'autre au contraire sous le signe de ma présence, tant par les allusions personnelles, ou le ton que l'on a pu trouver passionné. Ce double aspect de la transmission se retrouve dans la pratique et dans l'histoire: passage par l'expérience personnelle pour l'accès à la connaissance analytique, et remaniement personnel de la théorie pour son intériorisation et son fonctionnement dans la pratique. Avec le patient nous travaillons sans notes, ce qui ne veut pas dire sans rien, mais sans rien de figé, si possible. C'est aussi ce que nous tendons à faire dans les séminaires, mais avec l'appui des textes et de l'expérience clinique. C'est pourquoi, m'appuyant sur ce qui fut dit ou vécu dans ce Congrès, je me suis réservé ce mode d'entretien avec vous.
Réponses impossibles en fait, car les questions restent innombrables. Il me semble d'ailleurs que l'un des aspects du rapport était plutôt de poser des questions, en apportant des éléments de discussion, sans prétendre apporter de solution. Dans mon évocation de l'Institution idéale, lors de ma présentation, que Jean Guillaumin ne s'y trompe pas, et ne soit pas déçu, ce n'est pas une recette réductrice des complexités ou des paradoxes que j'ai proposée, mais simpl