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Malgré la grande quantité d'études qui lui ont été consacrées, la notion d'identification reste difficile, voire impossible à cerner d'un point de vue psychanalytique. Un tel projet, d'ailleurs, aurait-il quelque raison d'être si l'emploi abusif et désordonné d'un terme désormais passé dans les habitudes delangage ne nous invitait à mieux préciser ce qu'il recouvre et l'usage qu'en peuvent fairedes psychanalystes?
Si l'on se trouve relativement en mesure de décrire les identifications, telles qu'elles nous apparaissent dans les récits que les patients nous communiquent de leurs troubles et de leur histoire, ouen fonction dela place importante qu'elles tiennent pour Freud dansl'étude métapsychologique des processus psychiques, la définition et l'abord théorique de l'Identification s'avèrent beaucoup plus hasardeux. C'est que, pour être pensée, la notion d'identification nécessite qu'il soit fait appelà deux principes rigoureusement contradictoires: le principe d'équivalence ou de similitude, avec son nomnal, « le même »; le principe de distinction et donc de limitation, avec la prise en compte obligée de « l'autre ».
Selon leur contexte, on verra les différentes acceptions du terme, de ses dérivés ou de ses synonymes pencher davantage vers le premierou le second de ces pôles. Il peut apparaître à la limite du truisme de rappeler qu'ils doivent être considérés comme moins contradictoires que complémentaires, mais on s'aperçoit à l'usage que le maintien de cette discipline de pensée ne va pas toujours de soi. Bien vite, la clarté del'exposé exige que prévale l'un des sens, et il faut s'imposer de sérieux efforts pour garder à l'esprit l'existence simultanée de son opposé et ne pas tomber dans quelque simplisme réducteur.
C'est à la fois le semblable et le différent qui s'évoquent, le sujetet l'objet, leur distinction et leur indistinction, le conscient de l'imitation et l'inconscient des processus fantasmatiques qui la déterminent, l'unité et la pluralité, la solitude du