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« Peut-on imaginer un monde sans identification? » Tel était le thème de l'exposé oral de cette introduction. Il avait pour but de dessiner en négatif la place de l'identification.
Le texte qui va suivre sera tout différent et, faute de pouvoir embrasser l'ensemble de la question, n'insistera que sur deux points à mon sens essentiels: l'origine spécifique de la fonction d'identification et les réserves qu'impose l'emploi du concept d'introjection.
L'identification au sens psychanalytique du terme relève de deux fonctions contradictoires. L'une d'instabilité de jeu, de déplacement, de substitution. L'autre de permanence, de stabilité, de constance.
Comment concevoir sans cette opposition que l'identification puisse à la fois représenter un lien transitoire, éphémère, immédiat et constituer en même temps le fondement, l'archéologie de la personne, la personnalité.
Entre l'identification hystérique des premiers écrits cliniques de Freud et l'identification « métapsychologique » telle qu'elle apparaît après Deuil et mélancolie, il semble qu'un changement de nature soit intervenu.
Autant dans la Traumdeutung l'identification apparaissait comme labile, fugitive, instantanée, autant dans la seconde topique elle apparaît comme fondatrice, constituante, constituée.
Tout l'intérêt de la question tient pourtant à ce qu'un seul concept, celui d'identification, couvre un champ si disparate. Entre un homme qui se racle la gorge parce qu'il entend un orateur enroué et tel autre qui devient végétarien parce que l'un de ses proches l'a quitté, le même terme d'identification rendra compte de comportements différents qui dérivent eux-mêmes de fantasmes différents.
L'identification enfin qui dans un premier temps portait sur un infime détail, une crise de larmes, un bâillement, quelque spasme de