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« Le témoignage des poètes et des romanciers doit être estimé trèshaut, écrivait Freud en 1907, car ils connaissent, entre ciel et terre, bien des choses que notre sagesse scolaire ne saurait encore rêver. Dans la connaissance de l'âme, ils sont nos maîtres à nous… » Et encore: « … le subtil appareil psychique est un lieu de choix pour le romancierqui a précédé l'homme de science et en particulier le psychologue scientifique »[1].
Opter pour un tel point de vue serait cependant ignorer l'apportdu psychanalyste quand, par son approche, il découvre la transparence d'une œuvre en même temps que son opacité, ce qui devient enrichissement pour lui comme pour le lecteur.
Au sujet de la nouvelle qui nous occupera[2], Joyce écrivait à son frère Stanislaus (18 octobre 1907): « Une page de Un petit nuage medonne plus de plaisir que tous mes vers. » Il se référait à Musique de chambre, recueil de 36 poèmes qui venait de paraître (mai 1907).
Joyce avait trouvé assez facilement et relativement vite un éditeurpour cette plaquette qui, pour plus d'une raison, ne lui procurait qu'unesatisfaction mitigée, alors que la parution de Gens de Dublin chez l'éditeur G. Richards demeurait en suspens. Celle-ci lui tenait d'autant plus à cœur qu'à côté des douze premières nouvelles du livre — envoyées à Richards de Trieste le 3 décembre 1905 — devaient être insérées deuxpuînées: Les deux galants et Un petit nuage, nouvelles écrites pendantles six premiers mois de l'année 1906.
Joyce a décrit les péripéties de Gens de Dublin dans une lettre adresséele 8 juillet 1917 à J. B. Pinker, agent littéraire de Londres. Il y évoquaitla tentative « avortée » d'une première édition (1906), expliquait que lelivre occasionna un procès, des frais importants: « Il me coûta aussi