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Le récent ouvrage de G. Mendel1 porte sans équivoque le sous-titre: « Essai de psychopolitique ». On voit s'opposer d'emblée dans le titre principal la masse des « 54 millions » à la notion « d'individu » et l'auteur ne cherche pas d'autre part à apparaître comme une personnalité « sans appartenance politique ».
Voilà déjà beaucoup de raisons pour un psychanalyste de s'intéresser à un ouvrage et éventuellement à un auteur, surtout si cet auteur est lui-même psychanalyste. Le travail possède, à mon avis, beaucoup de points d'intérêt et beaucoup de qualités; je pense que nombreux seront les psychanalystes en qui feront la lecture avec profit, même s'ils ne s'estiment pas devoir afficher une « appartenance » tout à fait identique à cellede l'auteur. En effet, le développement est clair, sincère, documenté; on y retrouve beaucoup de sensibilité dans l'évaluation des aléas des diverses interactions qui relient, à travers les différentes étapes contemporaines, le pouvoir et ses nombreuses « appartenances » partielles, quand ce ne sont pas des appartenances dans le fond tout à fait particulières.
L'ouvrage actuel fait logiquement suite au livre que G. Mendel publia en 1979, c'est-à-dire avant le changement de majorité (et non de régime) de 1981 et intitulé Quand rien ne va plus de soi2. On retrouve dans l'ouvrage actuel les thèmes déjà abordés en 1979 mais envisagés maintenant sous un angle manifeste différent, celui du nouveau rapport existant entre le pouvoir et ses supports dans la nation, ou tout du moins entre le pouvoir et ceux qui devraient en constituer les supports, supports indispensables, précise à juste titre l'auteur, à tout gouvernement s'affirmant comme « de gauche ».
Il est bien évident que tout progrès social angoisse (comme toute conquête allant dans le sens de l'identité, de la responsabilité, de l'indépendance). Il ne s'agit pas seulement d'une inquiétude rationnelle basée sur le fait manifeste que tout progrès social coûte cher, mais d'une angoisse profon