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Le concept d'homosexualité inconsciente dans la cure me semble recouvrir et donner un éclairage particulier à tout un secteur du transfert, dont on a autrefois parlé dans des termes différents, en apparence éloignés les uns des autres, tels que « transfert positif », « alliance thérapeutique ».
En revenant à Freud, je cite: « … le transfert sur le médecin est au service de la résistance à la cure seulement dans la mesure où il s'agit d'un transfert négatif ou d'un transfert positif de pulsions érotiques refoulées. Si on élimine le transfert en le rendant conscient, on éloigne de la personne du médecin seulement ces deux composantes émotionnelles. L'autre composante, qui peut devenir consciente sans s'attirer des reproches, persiste et devient un élément de réussite en psychanalyse, exactement comme dans d'autres méthodes thérapeutiques. De ce point de vue nous sommes prêts à admettre que les résultats de la psychanalyse se fondent sur la suggestion… » (SE, vol. XII, p. 105-106).
Ce qui reste, à mon avis, une fois qu'ont été analysées les pulsions agressives et erotiques, c'est la composante narcissique du transfert. J'entends par là, non seulement que l'analyste devient le lieu de projection de l'Idéal du Moi de l'analysant, mais il devient aussi par ce transfert en quelque sorte le dépositaire de l'identité de l'autre — de son Etre.
Dans les états élationnels décrits par B. Grunberger au début de la cure, on peut voir un exemple du plaisir narcissique, qui accompagne l'installation non conflictuelle de l'analysant dans ce transfert.
C'est ce transfert qui constitue le véritable moteur de la cure, et qui est au centre des phénomènes de suggestion qui se déploient, à mon avis, dans chaque analyse (G. Kluzer et A. Kluzer Usuelli: Suggestion et illusion dans le processus analytique, sous presse).