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A mon avis, la jalousie est l'une des portes d'entrée de l'homosexualité inconsciente dans la cure, car elle favorise, dans le transfert, la prise de conscience des désirs homosexuels.
Bien des auteurs, dont Freud lui-même, se sont penchés sur la jalousie. Mais peu l'ont étudiée dans la cure. C'est sur ce point que j'entends centrer mon propos.
Je commencerai par un rappel des commentaires de Freud sur la jalousie. Dans « Sur quelques mécanismes névrotiques dans la jalousie, la paranoïa et l'homosexualité » (1922)1, Freud affirme que, comme le deuil, la jalousie est un état affectif normal (Braunschweig et Fain la rapprochent d'un autre état « normal », l'amour)2.
Freud distingue trois couches ou étapes de la jalousie auxquelles « l'analyse a affaire »3: jalousie concurrentielle, jalousie projetée et jalousie délirante (mais nous verrons que, bien que Freud se réfère aux cas auxquels l'analyse a affaire, il ne s'occupera pas des manifestations transférentielles de la jalousie). La jalousie normale, dit-il, est composée de deuil, de crainte de la perte de l'objet d'amour, d'humiliation narcissique, d'hostilité à l'égard du rival, d'une autocritique qui veut rendre le moi responsable. Elle perpétue « les toutes premières motions de l'affectivité infantile et remonte au complexe d'Œdipe »4. Ce qui nous intéresse particulièrement c'est que Freud dit qu'il est « remarquable » qu'elle soit vécue « bisexuellement par beaucoup de