You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Dans le thème choisi par René Diatkine se profile la trame compliquée du réseau relationnel secoué par la situation analytique.
L'auto-analyse ne serait-elle pas aussi difficile que l'analyse?
Pourquoi alors penser que l'analyste aussi réveillé qu'il soit, prêt à rêver en plein jour et à s'aveugler de la lumière des interprétations faites par les patients; pourquoi ne devrait-il pas chercher dans ses propres associations les produits cachés de sa lutte pour ne pas devenir l'autre?
Freud, dans sa phrase: « Réalité, réalisation du désir, telle est la paire contrastée d'où émane notre psychisme » met l'accent sur le concept paire contrastée.
Contraste! comme dans le propos de G Botella parlant de lunettes noires - lunettes de soleil. Noir, soleil; jour et nuit; opposé, revers de la médaille, négatif, etc.
Ainsi, lorsqu'il nous arrive, comme dans le cas de deux conférenciers, de rêver de nos patients (rêve de nuit, rêve de jour), et que nous trouvons dans ces rêves non les explications théoriques de nos angoisses, mais le fil conducteur de l'interruption — la discontinuité psychique provoquée par les émois partagés —, lorsqu'il nous arrive de le retrouver, nous n'avons qu'une envie: c'est de le communiquer.
Restituer au patient le message qui contient le miroir — comment nous sommes arrivés à saisir l'infini indéfinissable — c'est lui offrir notre propre fonctionnement mental. Nulle critique, puisque nous le faisons tous. Mais faut-il en rester là?
Dans la longue marche creusée par nos efforts élaboratifs, l'indéfinissable, l'impensable, les rejetons défiés de l'arbre pulsionnel peuvent devenir, à la fin de sa trajectoire, des mots. Tout d'abord, des mots épars, isolés, perdus; ensuite, des mots pour le dire, des mots significatifs, des paroles prêtes à s'associer à d'autres, prêtes à s'unir pour devenir — masse des mots en révolution.