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La pureté est une idée nouvelle en psychanalyse, si je peux paraphraser ainsi le maître en pureté que fut Saint-Just. On pourrait attribuer l'absence de ce concept dans l'œuvre de Freud probablement à la même cause qui a retardé, pendant longtemps, l'introduction du narcissisme, l'exigence de pureté, comme l'idéal narcissique, étant répandue au point que la forêt est restée cachée, pourrait-on dire, à cause des arbres. L'idéal de pureté est admis pour tous comme une exigence souhaitable, mais sa motivation est laissée dans l'ombre. Freud écrivait au sujet de la morale à Putnam: « Je considère la morale comme allant de soi. » Cette évidence ne l'empêcha cependant pas de découvrir les origines de la morale (question débattue, par ailleurs, en philosophie depuis toujours) et sa place par rapport au complexe d'Œdipe. Il me semble donc justifié de poser les questions suivantes:
1° Qu'est-ce que la pureté?
2° Quelles sont ses origines? et
3° Quelle est sa fonction dans l'économie psychique?
Le sujet est vaste et mériterait un traité, alors que je me trouve limité aux dimensions d'une conférence d'une durée conventionnelle. Sans tenir compte, ainsi, des implications multiples et étendues du sujet qui dépassent notre discipline proprement dite et de loin, je m'en tiendrai à ce qui est susceptible de nous intéresser en tant qu'analystes dans une perspective historique aussi bien qu'actuelle.
Je me permets de rappeler, ici, les exposés que j'ai présentés soit au sein de notre Société, soit ailleurs, exposés qui avaient pour but