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En psychanalyse, le concept d'identification est un concept flou. Il est probable qu'il le restera encore longtemps. Il nous aide en effet à décrire un ensemble d'opérations mentales dont les limites sont imprécises.
L'identification est-elle un processus de transformation ou le résultat de ce processus? Quels sont les rapports entre identification et imitation ou intériorisation?
Ce qui est vrai des limites l'est aussi du domaine lui-même. Les relations entre identification et introjection ont donné lieu à de nombreuses théories. Le plus important est peut-être non de préciser les points d'accord, mais de souligner ceux de désaccord et de tenter d'en expliquer les raisons. On ne doit donc pas regretter une certaine « babellisation » du concept. Ce que l'on doit éviter c'est sa banalisation, et que, pour communiquer commodément ensemble, les psychanalystes s'en tiennent à une signification très générale, purement descriptive, applicable à toute forme d'imitation du comportement ou des sentiments d'autrui.
L'examen du concept dans l'œuvre de Freud nous montre bien la fluidité des limites et l'hétérogénéité du domaine. La plus grande partie des imprécisions et des contradictions se sont trouvées amplifiées plutôt que résolues par les travaux plus récents. C'est pourquoi une lecture de l'œuvre devrait nous rendre particulièrement attentifs à ces imprécisions et ces contradictions. L'étude de chaque texte, considéré isolément, ne nous le permet guère car chacun témoigne d'un effort de cohérence qui tente de les masquer. Une approche comparative qui suivrait de trop près l'ordre chronologique aurait le double inconvénient