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L'année 1915 a marqué le début des contributions américaines notables concernant le concept d'identification: l'étude de Clarence P. Oberndorf sur la claustrophobie a précédé la publication de la première revue psychanalytique de langue anglaise. Les auteurs américains de cette époque étaient fort influencés par leurs collègues européens qui étaient souvent leurs analystes et leurs maîtres. Freud luimême restait la figure dominante, mais d'autres personnalités étaient déjà célèbres. En cette année 1915, Freud s'occupait d'articuler la notion d'identification aux aspects cliniques et métapsychologiques des relations entre sujet et objet; ainsi « Le sujet narcissique est changé par identification avec un autre moi étranger » (La mère) (p. 33). Ce concept s'est élargi grâce au terme d'introjection, introduit par Ferenczi (1909), qui consiste en un processus de prise à l'intérieur de soi des objets sources de plaisir, contrebalancé par la projection, disposition à expulser hors de soi ce qui provoque le déplaisir (p. 38). Un « moi-plaisir purifié » se trouve alors constitué, et l'épreuve de réalité qui sépare le monde intérieur de l'extérieur fonctionne à un niveau infantile.
L'incorporation est un terme que Freud applique à une tendance motrice à dévorer et à inclure dans le moi l'objet source de plaisir (p. 39), tandis que l' « expulsion » rend compte de la tendance opposée (généralement anale). Ces définitions fondamentales devaient demeurer la base des futurs concepts d'identification, dans différents cadres théoriques.