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Tout au long de l'œuvre de Freud et de ses continuateurs, la notion d'identification constitue l'un des éléments indispensables de la théorie psychanalytique. Il semble en même temps évident que sa portée varie selon les auteurs et leurs idées, de telle sorte que sa signification n'est rien moins que précise. Je ne me propose pas, cependant, dans ce travail, de définir (ou redéfinir) ce terme mais plutôt de voir quelle est la valeur que lui accordent certaines théories — pas toutes, car cela dépasserait mes possibilités.
Ainsi qu'on peut l'observer dans sa correspondance avec Fliess et dans L'Interprétation des rêves (1900), Freud découvre ce phénomène dans l'hystérie et le désigne sous le nom d'identification hystérique, tout en l'étendant sans hésiter aux rêves, démontrant une fois de plus que psychopathologie et psychologie vont toujours de pair. Dans « Deuil et mélancolie » (1917) Freud étudie un autre type de mécanisme psychopathologique qu'il considère propre à la mélancolie et qu'il nomme identification narcissique.
Une suprême intuition clinique lui avait fait découvrir que les auto-accusations mélancoliques étaient essentiellement des « alloaccusations » (Freud, , p. 156) à rencontre d'un membre important de l'entourage, d'où il ressort que la mélancolie présente un double processus régressif: le choix d'objet régresse vers l'identification et la libido vers la phase orale où règne le narcissisme primaire. La clef de l'accès de mélancolie réside donc dans le fait que l'objet perdu est érigé à nouveau dans le Moi, celui-ci restant clivé en une partie critique et une partie modifiée par l'identification (Freud, , p. 158). Je tiens à souligner que le Moi critique correspond au sujet et non pas à l'objet