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« Parvenus à ce stade de notre enquête, nous avons transformé le point d'interrogation en un principe d'explication: autrement dit, il nous semble possible, et même requis, de repenser les structures majeures par lesquelles se phénoménalise en quelque sorte la féminité à partir de ce que la question freudienne indique: la division constitutive du vouloir et du désir… »1.
Cette phrase-repère définit mieux que nous ne pourrions le faire le style et la teneur du projet entrepris ici par Paul-Laurent Assoun. Il s'agit d'une enquête, en effet, sur les multiples rapports qu'entretient Freud avec la femme et la féminité. Freud et ses femmes (l'épouse, la mère, la fille…), Freud et ses patientes (les hystériques, Dora et les autres), Freud et la sorcière métapsychologie (la théorie analytique et la place qu'y occupe le concept de féminité), Freud et la Kultur, vite assimilée à un « texte » général qui assigne à l'œuvre freudienne une position exacte en fonction du rôle précis qu'elle a dévolu à la femme. Cet inventaire exhaustif de la présence féminine dans les mots de Freud nous est soumis, pour notre agrément comme pour celui de l'auteur, sous la forme d'une série de rebondissements, quête ou enquête, en tout cas une manière de roman théorique où les concepts sont des personnages qui, par leur affrontement soutenu, doivent nous rendre sensibles au tourment intérieur du Père de la Psychanalyse. L'opération majeure à laquelle nous assistons ici, soit cette transformation du point d'interrogation en un principe d'explication, c'est bien, et à tous les sens du mot, cette relève du fardeau de la féminité qui devait peser sur les épaules de Freud comme un joug ignoré, à la fois contrainte et stimulation.
« Il est vrai que la question n'en devient que plus critique: il apparaît en effet que la dimension de la féminité rencontre l'expérience analytique selon une trajectoire qui en fait un défi. A croire que, là précisément, la tâche chronique de la psychanalyse — dire de l'inconsci