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Jamais l'humanité n'a vécu avec une telle lucidité et une telle horreur de la violence et des agressions, dont elle est elle-même l'acteur et la victime, sans que pour autant cette prise de conscience n'enraie l'accélération de sa propre folie destructive.
Doit-on y voir la projection dans la vie sociale d'une tendance fondamentale de l'organisme individuel? Violence ou tendance à l'agression doivent-elles avoir une place privilégiée parmi les concepts fondamentaux de la psychanalyse? Quels sont les rapports entre la théorie de la pulsion de mort et les comportements hétéro- et autodestructeurs qui menacent directement ou indirectement l'humanité?
C'est un vieux débat ouvert depuis les débuts de la psychanalyse et réactivé par les remaniements théoriques de 1920. Les horreurs de la première guerre mondiale et ses conséquences politiques directes ne sont pas, chacun le sait, la seule explication d'Au-delà du principe de plaisir et des textes suivants. La théorie de la pulsion de mort est le développement logique des réflexions métapsychologiques qui précèdent, à partir de l'expérience répétée démontrant que le conflit fondamental ne pouvait se réduire à une opposition entre instincts sexuels et instincts de conservation, ni à la nécessité de renoncer à la satisfaction sexuelle devant « l'épreuve de réalité ».
Le deuxième chapitre d'Au-delà du principe de plaisir est parfaitement clair. Que l'enfant fasse disparaître la bobine est directement compréhensible. Passif devant le départ de sa mère, il devient actif et fait partir l'objet non figuratif qui représente alors sa mère absente. Il fait reparaître ensuite cet objet, ce qui semble indiscutablement le satisfaire. Jusque-là, tout est simple. Le problème devient plus difficile quand il s'agit d'expliquer la répétition de ce jeu, explication pourtant essentielle dans la théorie psychanalytique. Pourquoi l'enfant ne se satisfait-il pas d'avoir ainsi exilé symboliquement sa mère, ou de l'avoir exilée et retrouvée? La bobin