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Il y a une grande difficulté à formuler une conception théorique qui rende compte des automutilations que l'on observe chez un bon nombre d'enfants autistiques.
De notre point de vue, cette difficulté est liée pour une grande part au fait que l'approche clinique, du moins dans un premier temps, ne peut se situer dans un cadre transférentiel, mais plutôt dans la réactualisation répétitive de schèmes d'interactions à la fois sur le plan psychique et sur le plan corporel. Les manifestations observées ne sont pas verbalisées par le patient et elles sont mal verbalisables par nous-mêmes. Ce qui conduit, plutôt qu'à leur conférer un sens symbolique, à en rendre compte sur un mode « métaphorique ». De cette métaphorisation on trouverait maints exemples chez des auteurs qui se sont occupés de cette question, Donald Winnicott et Frances Tustin par exemple.
Nous nous proposons de souligner l'originalité de cette situation en repérant quelques particularités de la clinique de l'enfant automutilateur. Nous ferons appel pour cela, à des données relatives à la relation précoce mère-enfant, à des conceptions ayant trait au narcissisme, à des idées concernant la structuration de la pensée.
Cela nous conduira à suggérer que la difficulté à penser une théorie peut être prise en compte ici comme un élément du tableau clinique. La destructivité psychotique opère par induction jusque dans nos élaborations.