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Ce livre court (188 p. seulement) n'est cependant pas un « petit » livre tant la richesse des références et la précision des recherches actuelles y sont denses.
Gilbert Diatkine pose d'abord la question de savoir ce qu'est au juste la psychopathie: catégorie vague le plus souvent et qui a servi surtout à mettre le psychiatre et le législateur à l'abri des critiques. Mais il serait injuste de les accuser, tant semble difficile à préciser de quoi est faite la psychopathie. Le livre ouvre sur une série d'exemples divers de la littérature psychiatrique et psychanalytique, marquant très bien ainsi le caractère intuitif et clinique qui fait que l'on classe quelqu'un comme psychopathe. Et G. Diatkine énumère d'emblée les questions qui se posent: quelles sont les possibilités de changement de ces personnes (dont Diatkine récuse plus loin qu'il s'agisse de « malades »)? Quelles sont les possibilités pronostiques liées tant à l'histoire du milieu familial qu'au type de changement possible (changement du comportement manifesteou modification de l'organisation psychique?), les changements sont-ils liés à un nouveau type de relation individuelle, institutionnelle, psychothérapique? Quelle en est alors la cinétique?
Avant tout, il faut remercier G. Diatkine de ce questionnement et de la revue des différentes théories qui se sont succédé et se succèdent encore pour comprendre ce qu'est la psychopathie (la « vraie », c'est-à-dire peut-être « l'intraitable », celle qui voue à la prison et à la mort, en tout cas à une vie hors de l'humain).
De Kurt Schneider à Winnicott, en passant par les théories neurologiques et génétiques, un temps à la mode, mais qui n'ont guère donné de réponses, nous sommes amenés, dans un style et une présentation d'une grande élégance, à nous poser quelques questions beaucoup plus profondes et d'une plus grande portée que des problèmes de classement catégoriels.
— Et d'abord la question de l'agressivité: de Freud à Melanie Klein, puis Winnicott et Rosenfeld, les