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« Violence et violences »: le titre du Congrès de l'Institut de Recherche et d'Intervention en Scienceshumaines de l'Université de Lyon II qui s'est tenu à Lyon les 10-11 et 12 mai 1984 souligne de façon remarquable les enjeux théoriques et cliniques liés à cette problématique de la violence: peut-on, à travers les faits de violence chaque jour repérables, dans des lieux aussi différents que l'école, les institutions de soins, la famille, les Eglises, les théâtres de conflitsarmés, les prisons, la scène politique, ou dans des moments critiques de l'existence (enfance, adolescence, vieillesse), discerner un fil rouge reliant ces manifestations de telle sorte qu'une théorie s'en dégage? Telle est, me semble-til, la question à laquelle psychiatres, mathématiciens, psychologues, sociologues, travailleurs sociaux et psychanalystes venus de plusieurs continents ont tenté de répondre au cours de ce Congrès.
Il n'est pas possible ici de reprendre en détail les communications des principaux intervenants (D. C. Samitca, Université de Genève; Murray A. Strauss, Université de New Hampshire; W. Böker, Université de Berne; Dr Tom Cox, Université de Nottingham) tant la richesse et la complexité de leurs interventions nécessiteraient de longs développements. Nous soulignerons simplement combien, à travers l'extrême diversité des pratiques, des discours et des disciplines, la référence à la famille comme matrice de la violence nous a semblé constante. Dans cette perspective, les travaux récents de J. Bergeret1 apportent des éclaircissements tout à fait importants: Bergeret définit la violence comme un instinct inné, naturel, faisant remarquer à ce propos que la racine grecque qui a donné « violence » (attenter à…) est βF qui a donné à la fois βlα (la violence) et βloς(la vie). Cette violence fondamentale se pose en terme de « lui ou moi », comme dans l'oracle d'Apollon dans lequel ou bien Laïos et Jocaste doivent tuer Œdipepour survivre, ou bien Œdipeles tuera et vivra… Cet instinct