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Un numéro de la Revue française de Psychanalyse, destiné à paraître en 1985, est intégralement consacré à la « psychosomatique ». C'est une première.
Depuis plus de trente-cinq ans, de temps à autre, un article consacré à ce sujet s'infiltrait, comme furtivement, au travers de fines analyses dans lesquelles les découvreurs de fantasmes de plus en plus archaïques, actifs — selon eux — dans les fins fonds du psychisme, se heurtaient, parfois polémiquement, avec les tenants d'études consacrées aux empreintes pulsionnelles que le discours humain imprime au langage. Furtivement car les études cliniques concernant les troubles somatiques ne pouvaient converger, ni avec des conceptions qui donnaient au corps un aspect conversionnel dominant, ni avec des points de vue qui, d'une manière à vrai dire plus complémentaire que polémique, conférait au langage un accent où l'infiltration obsessionnelle mettait, comme il se doit, le corps entre parenthèses. Une vérité, presque traumatique par sa simplicité, s'imposait: quand un être humain, alerté par un dysfonctionnement de son organisme, parle à celui qui est censé faire rentrer les choses dans un ordre difficile à définir, sa façon d'utiliser le langage ne révèle pleinement ni l'action de fantasmes archaïques, ni l'empreinte particulière de l'instinct sur son langage. Pire encore, ledit patient ne conçoit plus ni son corps, ni son langage, comme ceux qu'imaginerait un sujet sain, banalement névrosé, cherchant à se mettre à la place du malade en question.
Les « découvreurs » en matière psychanalytique se rejoignaient sur un point: la psychose et la (psycho-)somatose étaient quasiment mises dans le même sac, soit que la notion — si imprécise en fait — de clivage fût étendue à la manière d'un « Sésame ouvre-toi » à un psychisme