You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
A la mémoire de Felice Peretti, pape sous le nom de Sixte-Quint qui, en faisant peindre des voiles sur les tableaux où la Vierge et le Christ étaient représentés dans leur pleine nudité, nous a beaucoup appris sur le regard, l'érotisation, le fétichisme et, en fin de compte, sur la psychosomatique.
Lorsqu'en 1910, dans un article qu'il jugeait médiocre et qu'il avait écrit pour son ami l'ophtalmologiste Königstein, Freud envisage un trouble de la vision sous l'angle de la psychanalyse, c'est bien d'hystérie qu'il est question et très précisément de cécité hystérique. La névrose de défense est là, bien caractérisée, avec comme conséquence d'un mécanisme qui maintient l'homéostasie, le refoulement du désir de regarder des objets interdits. Cependant, cette défense, comme la plupart du temps, rate en partie, trop ou trop peu, son effet; dépassant ici son but, elle entraîne avec elle toutes les fonctions d'un œil devenu lieu érotisé, si bien que la vision dans son ensemble, fonctions adjointes comprises, est supprimée. C'est dire qu'ici ne se distinguent plus le somatique et le psychique en tant qu'entités diverses mais que se séparent seulement deux fonctions d'un même organe dont l'une est d'ordre purement perceptuel, dont l'autre en est la version érotisée.
On peut ajouter à ces conceptions originaires que le double registre d'un organe de perception ayant acquis une finalité complémentaire qui prend le pas sur la finalité physiologique initiale, n'est pas spécifique à l'œil et à la vision: toutes les formes de perception du monde objectai sont aussi rapidement entourées d'une érotisation secondaire et l'on connaît ainsi les remarques de Freud au sujet de l'olfaction chez L'Homme aux rats, entre autres. Pareillement en est-il de ce qui, par une dynamique similaire, a permis le passage d'une main posée