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Corps narcissique et corps érotique, constituants du psychisme, situés topiquement au niveau de la « pointe évolutive » ne sont pas du domaine exclusif du psychanalyste, mais il est vrai que le psychosomaticien est plus souvent confronté au corps dans sa matérialité brute quand la douleur somatique impérative, totalitaire, occupant tout l'intérêt, n'admet d'autre négociation que son atténuation ou sa disparition d'après une économie psychique orientée vers l'agir et de ce fait échappant plus ou moins au processus analytique qui, plus difficilement en psychosomatique, devra redonner sa place au corps libidinalisé par la reviviscence des auto-érotismes selon un mouvement qui va du corps malade au corps érotique.
A partir des études sur l'hystérie et sur le rêve, Freud, d'une certaine façon arrache l'Inconscient à la vie organique, le corps n'étant plus la source exclusive de cet Inconscient qu'il installe dans le psychique même, les sources somatiques de l'excitation, « matériau à bon marché que l'on a toujours sous la main », entrant en concurrence avec les normes sociales, les censures, la conscience morale, représentées par une opération de langage. Dans la causalité du trouble psychique le corps n'a plus sa part, même si celui-ci s'avère le lieu, la scène de l'accomplissement du désir, le travail psychique imposant silence au corps. Ce faisant, Freud ne rompt nullement avec la biologie dont il ne fait que reculer les limites, principalement dans la définition qu'il donne du concept de pulsion, concept limite dont le but sera bien de modifier la source interne d'excitation, corps comme source, corps comme but, lieu ou moyen de la satisfaction pulsionnelle. Telle qu'il la décrit dans sa métapsychologie, l'activité psychique idéale suppose que la