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Je dois vous avouer une certaine perplexité, face à la diversité des spécialités et des orientations, pour une fois réunies. Mais le sort même de la psychosomatique infantile n'est-il pas d'être partagé entre la pédiatrie, la pédopsychiatrie et la psychanalyse? Destin périlleux, il est vrai, car l'expérience nous apprend que le corps de l'enfant, saisi dans l'entre-deux des disciplines, n'est pas sans courir des risques d'écartèlement. Un autre écueil est le langage, simpliste pour les uns, trop compliqué pour d'autres. Ce rappel implique une prise de position, en face de certaines doctrines, dont l'envahissement ne cesse de grandir dans la psychosomatique. Au VIe Congrès mondial de Psychosomatique (Montréal, 1981), l'assemblée plénière sur la théorie était partagée entre l'Institut de Psychosomatique de Paris et les tenants de l'alexithymie [28], théorie de grande renommée aux Etats-Unis — fondée, ô surprise, sur la description française de la pensée opératoire — dont l'aboutissement est un mécanisme neuropsychologique des phénomènes psychosomatiques. Dans ce Congrès le versant biologique accaparait une bonne partie des communications. Certes le clinicien ne peut rester à l'écart de ces découvertes qui fécondent l'observation, orientent les interrogations, limitent les interprétations. Cependant les mécanismes physiopathologiques ne sauraient tenir lieu d'explication sans réduire les désordres à des conditions agressologiques élémentaires qui mettent hors circuit la mentalisation humaine et les particularités individuelles. Sur plus de 700 communications, une trentaine seulement concernait la pédiatrie [12]. Tant il est vrai que l'enfant reste encore