You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Dans le numéro de cette Revue consacré aux « Imagos » (t. 4 de 1983), Jean Gillibert proposait une relecture de Moïse et le monothéisme de Freud, dédiant cet article « à tous ceux qui dialoguent avec l'absolu ». Du dernier ouvrage de Freud, il dit: « Livre assez injustifiable et pourtant admirable dans son contexte tragique; testamentaire certes, mais d'un testament qui ne peut évincer les testaments — ancien et nouveau — et qui pose les successeurs de Freud et la psychanalyse dans le plus étrange réformisme que la pensée humaine ait rencontré » (p. 953).
Il est probable qu'Eliane Amado Levy-Valensi tente, à travers son œuvre, un dialogue avec l'absolu. Psychanalyste philosophe, hébraïsante enseignant à Jérusalem, ellecherche incontestablement àréconcilier psychanalyseet judaïsme, interrogeant la psychanalyse dans ses sources juives occultées.
Par une découverte fortuite dans une lecture du Zohar, elle apporte au dossier déjà épais du Moïse de Freud, une pièce nouvelle. Le Zohar, « livre de la Splendeur », est l'ouvrage central du mouvement de la Kabbale, qui signifie littéralement « transmission », tradition mystique très ancienne qui s'est perdue pour les Juifs d'Europe occidentale au tournant de l'assimilation au XVIIIe siècle, dit « siècle des Lumières ».
Le Zohar aurait été rédigé au XVIe siècle par Moïse de Léon en araméen, fortement teinté d'hébreu médiéval. Ce recueil d'écrits divers, commentaires, homélies et comptes rendus de l'enseignement d'un maître du IIe siècle (Rabbi Siméon Bar Yohaï interprétant avec ses disciplesle sens caché de l'écriture).
Pour Gershom Scholem, dans une présentation d'extraits en traduction française (Ed. du Seuil), le Zohar serait dès l'origine « le réceptacle de la créativité d'un peuple » et, comme la Bible et le Talmud, « l'œuvre des siècles ».
Pour Eliane Amado Levy-Valensi, le Talmud, le Zohar, le Midrash, se fondent tous sur cette lecture à la fois complète et toujours inachevée du texte et sur cette logique qui habite le rêve,