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La notion de « cadre » est relativement récente dans l'histoire de la pensée théorique de la psychanalyse. En 1968, Bleger formula le premier une théorie de la « psychanalyse du cadre »1. Mais dès les débuts de l'analyse se posent des questions qui seront abordées dans ce numéro et auxquelles les analystes répondront avec chacun sa propre personnalité. On connaît la « technique active » préconisée par Ferenczi2 dès 1919 et ses discussions avec Freud à ce sujet. Reich, lui, réagit violemment au texte de Freud Au-delà du principe de plaisir et en 1933 publie L'analyse caractérielle3 où il propose une attitude d'observation et d'intervention sur le comportement dont malheureusement la finesse clinique cède le pas à une théorisation qui s'écarte définitivement de la psychanalyse, en raison de son incompréhension de la théorie de la sexualité infantile.
C'est par le travail analytique auprès des enfants que Anna Freud et Melanie Klein vont intervenir sur le plan technique en modifiant la règle fondamentale dans ses aspects les plus physiques: le jeu, les dessins sont évidemment mieux adaptés au jeune âge de leurs patients que le divan. Dans cette époque pionnière, le travail théorique s'appuie sur une réflexion nourrie par la clinique. Son plus illustre représentant est D. W. Winnicott dont on connaît la technique du squiggle4 et l'intérêt qu'il porte au setting, c'est-à-dire à tout ce qui peut, dans le travail analytique, soutenir et même contribuer à créer le processus analytique stricto sensu.
En France, c'est sans doute René Held5, dans son rapport au Congrès des Psychanalystes de Langue française, en 1963, qui contribua à poser