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Le fait de dire que, de nos jours, les psychanalystes ne traitent plus de patients névrotiques mais des personnalités narcissiques ou borderline, constitue un topique de la littérature psychanalytique. Cela est surtout vrai pour la psychanalyse d'enfants. Ce qui ne veut pas dire que, dans les consultations pour enfants, on ne voit plus de cas névrotiques car ils viennent fréquemment consulter. Mais les progrès de l'assistance psychiatrique dans certains pays font que la problématique névrotique est souvent traitée par des moyens psychothérapeutiques qui vont des psychothérapies brèves, à celles dites analytiques.
Ce n'est pas le propos de ce travail de discuter l'indication de ce type de thérapies, ou d'étudier la nature de leur action, ou encore d'évaluer leurs possibilités préventives. Mais il faudrait dire succinctement ce qui les différencie de la psychanalyse pour comprendre pourquoi elles sont difficilement applicables à des enfants borderline. Ces thérapies partagent avec la psychanalyse le fait d'analyser aussi, à leur façon, le transfert. Mais elles se limitent soit à un certain nombre de fantasmes considérés comme responsables de la symptomatologie de l'enfant pour les thérapies brèves, soit à ce que, dans le passé, on a appelé « un complexe » fantasmatique lié à la structure de personnalité de l'enfant dans les psychothérapies à plus long terme. Pour cela, le nombre restreint de séances et leur distribution hebdomadaire limitent ce qui est transférable. Signalons encore que la notion de névrose de transfert qui de nos jours apparaît comme trop étroite pour expliquer la complexité du processus psychanalytique, peut être par contre utile pour comprendre la réédition dans la situation interpersonnelle des fantasmes ou « complexes » fantasmatiques responsables de la symptomatologie ou des conflits structuraux centraux du sujet. La nature même de