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Le psychodrame d'enfant a été introduit pour la première fois en France en 1946, au Centre Claude-Bernard. Très vite la technique initiale de Moreno se modifie sous l'impulsion des psychanalystes, tel Serge Lebovici, dans une perspective d'adaptation à la cure type où résistance, transfert et interprétation sont repris en compte.
Actuellement, plusieurs modes de fonctionnement sont adoptés. Nous avons choisi ici, pour des raisons inhérentes à notre institution, de pratiquer le psychodrame en couple avec un seul patient. Nous interprétons soit dans le jeu même, soit en fin de séance. Cette technique est utilisée par d'autres analystes1.
Dans le déroulement d'une prise en charge psychodramatique le protagoniste, c'est-à-dire le patient, met en scène à travers des personnages qu'il joue lui-même ou qu'il donne à jouer, d'une part ses désirs pulsionnels, d'autre part les mécanismes de défense du moi qui tentent de les refouler. Les échanges émotionnels de cette dynamique conflictuelle passent d'abord par le corps et s'organisent dans un espace transitionnel, aire de jeu, espace psychique où s'origine le symbole. C'est à travers la médiation de ces actions symboliques que les rejetons du refoulé peuvent se lier à des représentations métapsychologiques. Par le truchement des rôles qui s'interchangent, les différentes instances s'affrontent dans l'ambivalence pulsionnelle amour-haine; cette ambivalence semble essentielle à la constitution de toute identification.
Nos premières impressions en voyant Isabelle sont assez alarmantes.