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Le meneur de jeu du psychodrame, par la place qu'il occupe à la fois à l'extérieur et à l'intérieur du jeu, se trouve dans une position originale par rapport au psychanalyste du divan.
Le psychodrame individuel dans son fonctionnement établit dès l'origine une triangulation: meneur de jeu, patient, groupe de thérapeutes. Le patient se meut dans l'espace transitionnel du jeu, face aux figures mouvantes des thérapeutes, proposées à la variété de ses choix. Figurabilité proposée d'emblée, on pourrait dire en attente de représentations, que le patient pourra travailler au gré des phénomènes de condensation et de déplacement; ceci à la ressemblance de l'utilisation des restes diurnes par le travail du rêve.
C'est à une proposition d'investissement que les thérapeutes du groupe se prêtent au départ, avant qu'ils ne soient eux-mêmes objet de transfert. Diverses expressions transférentielles se répartissent ainsi sur les différents protagonistes, permettant l'allègement d'une excitation trop intense issue du jeu et qui risquerait de déborder le Moi.
Cependant, c'est bien par rapport au thérapeute principal, à sa position privilégiée de meneur de jeu qu'il partage avec le patient, puisque c'est celui-ci qui en est le metteur en scène, que la névrose de transfert s'organise et qu'elle sera toujours interprétée.
Mais s'il est objet du transfert, il est aussi celui qui se situe à l'extérieur même de la situation du jeu proprement dit: il en énonce les lois, contrôle l'application des règles, décide de l'interruption des scènes ou de leur reprise, envoie éventuellement d'autres intervenants, mais ne participe à aucun moment à la dynamique du jeu.
Cette distance par rapport au jeu pulsionnel ainsi que son rôle interprétatif en fait un allié du Moi; selon le degré d'organisation du