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Comme s'il prévoyait sa mort, qui se produisit cependant soudainement l'année même de la parution originale de cet ouvrage remarquable, Klauber signale, dans l'Introduction, qu'un récit de ses « luttes personnelles » lui semble être la contribution la plus importante qu'il puisse apporter à la psychanalyse.
C'est donc sous le signe des difficultés rencontrées par l'analyste que l'auteur a regroupé les articles rassemblés dans ce livre. Ils sont distribués dans trois rubriques: difficultés de la thérapeutique, difficultés de la technique, difficultés du psychanalyste. Et, tout au long, en filigrane, nous verrons l'ombre des difficultés de la tâche analytique se profiler. Freud, lui, avait parlé de tâche impossible…
Klauber n'est pas pour autant pessimiste, en tout cas moins que le Freud des dernières années; au contraire, chaque difficulté, accompagnée d'une discussion de ses tenants et aboutissants, est suivie de tentatives personnelles de résolution, toujours originales, franches, intéressantes, même si on n'est pas d'accord à chaque fois, et abordant souvent des sujets dont, tout au moins par écrit, on s'occupe généralement peu.
Une des idées que je partage le plus est celle du rapport de l'analyse à la vérité. Pour Klauber, il s'agit de « la vérité nouvelle » sur la psyché que Freud découvrit. Il pense que c'est la découverte de la vérité sur eux-mêmes, obtenue avec l'aide du psychanalyste, qui rend possible la guérison des patients. Klauber fournit une explication plutôt d'ordre philosophique: l'esprit humain est satisfait et, en un sens, guéri par ce qu'il ressent comme la vérité. Mais il essaye de reformuler cela en terminologie analytique: si la passion pour la vérité est assez grande, un moi et un idéal du moi analytiques se forment et, s'ils sont assez forts, ils peuvent durer toute la vie, phrase où les deux « si » rappellent à nouveau les difficultés de la tâche. Je préfèrerais une explication plus élaborée, mais l'idée me semble « vraie » et très parlante.
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