You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
A propos de Le réel escamoté (le renoncement de Freud à la théorie de la séduction) de Jeffrey Moussaief Masson, Paris, Aubier, 1984, 256 p.
C'est en preux chevalier que J.-M. Masson nous est présenté. Il est, tout seul, mais cependant soutenu par de nombreux supporters, parti en guerre contre une collectivité analytique dont il laisse à croire qu'elle est prête à dénaturer ce que son ancêtre Freud a pu lui transmettre de vivant et de dynamique pour préserver des avantages sociaux acquis. Au fond, il n'y aurait guère de différence entre Masson et Robin des Bois, à entendre certains de nos collègues.
Certes Masson est dans une situation délicate.
Il a d'abord été professeur de sanscrit à l'Université de Toronto. Puis il se consacre à l'analyse, plus intéressé par son histoire que par la clinique. On peut supposer que, ayant appliqué sa méthode de l'étude de textes anciens aux textes freudiens, il a pu constater des oublis et des omissions dans ceux qui étaient consacrés à la théorie de la séduction. Après avoir attiré l'attention d'Anna Freud sur ces lacunes, il fut engagé par Kurt Eissler dans la perspective de se voir confier la direction des archives Freud. En attendant donc d'y avoir le pouvoir, il prépara les publications de l'intégrale des lettres connues entre Freud-Fliess, puis Freud-Ferenczi, et Freud-Martha. On peut imaginer que ce fut un énorme travail.
Bien entendu, tout le monde peut se féliciter de ces recherches et de ces compilations. Cependant, dans le même temps, Masson se confortait dans son opinion que Freud aurait eu tort d'abandonner la théorie de la séduction. Plus grave, il soutenait que cet abandon n'était dû à aucune réflexion sur la théorie, mais uniquement l'effet du manque de courage de Freud face au pouvoir médical et intellectuel de son temps. Pour ne pas être isolé, en situation de paria, Freud aurait renoncé à ce qui était au centre de sa découverte, et partant à l'essentiel de la psychanalyse: la théorie du « traumatism