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Si j'ai à dire ici quelques mots, c'est que depuis 1961 j'ai travaillé dans cette ville avec ceux qui voulaient que l'analyse existât au Portugal. Connaître l'ambivalence n'est jamais facile pour ceux qui aiment aimer. Qui aurait pu dire qu'un jour nous reviendrions à Lisbonne avec un mélange de sentiments d'élation et de tristesse profonde. Flores, un des premiers amis parmi les jeunes d'alors, un des plus compétents, est mort. D'autres ont été malades, secoués, fatigués. Ces jours-ci même on vient de vous donner des nouvelles de Dos Santos, triste de ne pas pouvoir participer à cette journée attendue par lui depuis longtemps. Et cependant une autre génération monte, pleine de connaissances que les aînés ont versées en eux, pleine d'enthousiasme et d'efficacité.
Les souvenirs de tous ceux qui ont participé au premier Congrès de Lisbonne 68, année de naissance douloureuse et pleine d'espérance, un des plus réussis, un des plus illustres, un des plus magnificents, convergent tous. C'était dans un pays encore écrasé par la dictature, où rien n'était sûr. L'épanouissement de l'effort de quelques-uns qui avaient su s'expatrier, parfois pour fuir la persécution, mais avant tout pour apprendre cette connaissance nouvelle, cette science ignorée, pour se former à la psychanalyse, en Suisse, en France, en Angleterre et qui joignaient leur effort pour créer une nouvelle Société. Cette nouvelle Société existe, elle a franchi les premiers pas toujours difficiles, et elle vivra de par les jeunes qu'elle a formés et qui maintenant sont l'avenir. Le goût de la psychanalyse est aujourd'hui vivant, présent, et ils sauront défendre leur psychanalyse dans ses changements, dans ses nouveautés, mais aussi dans sa continuité. A leur tête des hommes dévoués, laborieux, qui ne ménagèrent pas leur intérêt et leur temps, et parmi eux je voudrais citer Pedro Luzès qui a su organiser avec passion ce Congrès, à qui nous devons beaucoup de reconnaissance. Nous avons l'habitude de laisser le pays