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Quand j'ai commencé ma formation médico-psychiatrique, j'ai simultanément essayé d'étudier la psychopathologie générale et la psychanalyse que j'avais vaguement découvertes encore étudiant, avec d'autres idées, doctrines et sciences que mon éclectisme d'adolescent absorbait: lectures, causeries et discussions des jeunes de mon époque. Plus de quarante ans se sont écoulés depuis le début de ma carrière et c'est peut-être sur le thème de la névrose d'angoisse que j'ai accumulé le plus de données cliniques.
Tous les mystères de la vie mentale me ramenaient au début à la vie psychique des schizophrènes, à l'angoisse objective de certains dépressifs et à ce que les psychiatres appelaient les « névroses anxieuses ». Mon professeur de neurologie, E. Moniz, a attiré mon attention vers la sexologie; mon professeur de psychiatrie, S. Cid, dans la voie de Bleuler, essayait à cette époque, d'expliquer à la manière psychanalytique, certains cadres psychopathologiques; un ami de mon équipe, S. Diniz, écrivait un petit livre sur la psychanalyse et on en discutait beaucoup; mon maître et directeur de service, B. Fernandes, malgré son orientation germanique et constitutionnaliste, avait plutôt le soin de nous initier à la phénoménologie, ce qui m'a laissé la place pour la discussion et la réflexion sur les thèmes freudiens, et par là, trouver un lien pour essayer de comprendre non seulement les malades des consultations ambulatoires, mais aussi le cas des hystériques d'asile. Les hystériques étaient encore à l'état naissant et on les voyait non seulement aux consultations de villes de province mais aussi aux consultations hospitalières de Lisbonne: on y observait des malades présentant des tableaux dramatiques de conversion et d'expression.
J'ai lu Pierre Janet et j'ai suivi dans De l'angoisse à l'extase , le cas de Madeleine, la stigmatisée. J'ai appris avec lui qu'il y avait « la peur sans objet » ou angoisse et l' « attente anxieuse » qui d'après lui était la conséquenc