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Comment concevoir la présentation d'un rapport à ceux qui m'ont fait l'amitié de le lire, et déjà pour certains d'y répondre? Qu'aurais-je encore à dire, quand mon plus grand désir est maintenant de vous entendre?
Sans doute est-il indispensable de retracer les grandes lignes d'un projet pour mieux redéfinir l'axe d'une réflexion, obligée à s'en écarter dans le détail de l'argumentation? Mais cette exigence satisfaite pour une meilleure discussion, n'est-il pas vraiment trop précoce d'espérer dégager quelque orientation nouvelle, à partir de ce qui manque à un essai trop récent pour qu'on y distingue soi-même l'imprécision ou l'erreur?
Sauf à considérer que le versant caché de ce qui n'a pas été dit, les autres l'apercevront mieux. Me convaincre, en effet, que se tiendrait là, au bout du compte, l'objectif essentiel d'un rapport, n'est pas sans intention de me rassurer sur les lacunes d'une orientation trop univoque qui gagnerait ainsi des mérites à avoir provoqué autrement la pensée de chacun, invité pour cette raison à développer son point de vue. Heureux oubli, féconde insuffisance!
Ajoutez-y l'affect, et les choses se font moins inquiétantes, car tout prend sens dans l'intention amicale qui anime chaque année, au Congrès des Psychanalystes de Langue française, les accords et les oppositions. Tel est bien, mes chers Collègues, ce qui m'a rassuré et stimulé dans la rédaction de ce travail. C'est qu'il s'agissait de répondre à la confiance qui m'était faite. Ce qui n'est tout de même pas rien, si le rapporteur a en effet pour mission de réfléchir sur un sujet pendant l'année qui précède, au nom de ses collègues et sans eux, dans le but de mettre en résonance leurs intuitions les plus sûres, mais en leur communiquant les choses en processus secondaire.