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A. Jeanneau nous introduit dès ses premières pages aux troubles de la communication entre l'hystérique et son entourage. « Je ne sais quoi d'inexact, d'inauthentique dans l'expression émotionnelle », « expression inadéquate de la demande », « sentiment d'un trop perçu », enfin « mauvais réglage entre ce qui se vit et ce qui se voit, entre ce qui est agi et ce qui est représenté ». Son talent à nous entraîner dans la complexité de cette extraordinaire condensation que représente le langage hystérique, langage à plusieurs voi(x)es, confondues et contradictoires, parvient à nous faire comprendre comment l'hystérie, les hystériques ont pu permettre à Freud de créer la psychanalyse. Elles ont trouvé en lui un interlocuteur dont la complexité du langage, le pouvoir créateur de représentations, leur a permis de dire ce dont elles ne pouvaient rien savoir.
L'empêchement de l'action placé par le rapporteur comme point central de l'angoisse et de la dépression souligne l'écart entre ce qui a été vécu de violence émotionnelle et les possibilités de « gérance » de cette violence aussi bien intérieures qu'extérieures. Si c'est à la puberté que le traumatisme se révèle après coup, donc avec le sens sexuel qui y est intriqué, c'est que ce sens surgit dans la surprise pour le sujet, dans la surprise et l'impuissance aussi bien à penser qu'à faire, surprise plus désorganisante encore que celle de l' « événement », des « événements » infantiles, dans la mesure où c'est de l'intérieur que surgit la menace, et que l'impuissance à la contenir, ou à l'agir, comme l'impuissance à l'exprimer à autrui, rend fou. Mais c'est aussi la figuration sexuelle par les symptômes qui maintient un appel, une adresse à autrui comme recherche d'un partage du trop d'émotions, trop d'affects, trop d'angoisse et de souffrance. Le « trop » déqualifie l'affect alors séparé de ses représentations (sauf à le lier à une représentation extérieure comme dans la phobie) qui s'exprime alors, dans une tentative